La gentrification, menace ou opportunité ?

Ville de Montreuil (Crédit photo: Flickr/CC/ajoly).

Ville de Montreuil (Crédit photo: Flickr/CC/ajoly).

L’installation de start-up en banlieue, et donc de salariés avec un meilleur niveau de vie, peut laisser craindre un processus de gentrification qui nuirait aux populations les plus défavorisées de ces villes. Pour Henri Rey, spécialiste des banlieues au Centre de recherche politique de Sciences Po (CEVIPOF), la gentrification n’est pas un phénomène à redouter. «Il y a d’une part une gentrification dure, où les classes les plus défavorisées sont obligées de partir en raison de l’augmentation des prix des loyers et où les nouveaux arrivants imposent un mode de vie de manière agressive. D’autre part, il y a une gentrification douce, où le mélange des populations est réussi», explique le chercheur. «C’est entre les deux bords que sont les bobos et le ghetto que se joue la mixité sociale», résume-t-il.

C’est l’équilibre que la ville d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) essaye de trouver. Marquée par un lourd passé héritage industriel, la ville d’Ivry est en pleine mutation. La mairie, communiste depuis 1945, s’efforce aujourd’hui de développer ses atouts numériques, sans pour autant sacrifier son identité. «Notre objectif est d’attirer de nouvelles populations et des emplois liés au numérique, mais pas au détriment des populations les plus défavorisées. Nous tenons par exemple à conserver une part de 50% de logements sociaux dans les nouveaux plans de construction», affirme Gilles Bayeux, responsable du développement économique à la mairie d’Ivry-Sur-Seine.

Jean-Sébastien Létang et Gokan Gunes

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