Trois questions à Victor Grange, co-fondateur de Znappit

Victor Grange, entouré de Nicolas Garnault et d'Adrien Dupuy, créateurs de Znappit (Crédit photo: Znappit)

Victor Grange, entouré de Nicolas Garnault et d’Adrien Dupuy, créateurs de Znappit (Crédit photo: Znappit)

Victor Grange est un pur produit des grandes écoles parisiennes. Il est passé par l’université Paris-Dauphine  puis par l’ESCP Europe. Mais contrairement à une majorité de ses camarades de promotion, Victor Grange s’est lancé dans l’entrepreneuriat. Avec Adrien Dupuy, qu’il rencontre au cours de son master à l’ESCP, et Nicolas Garnault, qu’il repère au Start-up week-end, les entrepreneurs en herbe gagnent leur ticket d’entrée au Camping, un accélérateur de start-up niché au Palais Brongniart. Depuis tout juste un mois, Victor et ses jeunes collègues développent leur entreprise: Znappit, un service de création de souvenirs vidéo, «collaborative et interactive» aime à souligner Victor. Rencontre avec une star montante du numérique français.

Est-ce votre parcours dans l’enseignement supérieur qui vous a poussé à devenir entrepreneur ?

J’ai toujours été attiré par l’entrepreneuriat. Mais j’ai avant tout développé une passion pour la vidéo quand j’étais à Dauphine. Ce qui était bien pendant ces années-là, c’est que j’avais le temps de m’impliquer dans d’autres choses que les cours, notamment à faire des vidéos pour une association d’étudiants. C’est sûr que pendant mon master à l’ESCP, on baignait dans le milieu entrepreneurial, alors qu’à Dauphine les étudiants ne savent même pas ce qu’est un incubateur et ne connaissent pas les start-up week-end… Mais l’entrepreunariat fait son chemin dans les écoles.

Pourquoi avoir choisi Paris pour lancer sa start-up?

Pour nous c’était évident, on a notre réseau ici, qu’on s’est construit entre autres pendant nos études. Ici on a la légitimité ici d’aller voir des grands groupes, alors qu’aux États-Unis on serait tout simplement des inconnus. En plus, ici, il y a le Camping qui nous aide.

Vous rentrez d’un voyage dans la Silicon Valley, quelles sont les plus grandes différences avec le milieu des start-up à Paris?

La mentalité n’est pas la même. A Paris, dans les écoles, il y a peu de développeurs alors qu’aux US, les développeurs sont considérés comme des stars. Ici, ils sont vus comme des geeks. Le consul de France à San Francisco nous disait «les étudiants de grandes écoles sont intelligents mais n’ont pas la culture de l’innovation», comme aux États-Unis. Une autre différence en France, c’est qu’on a tendance à trop penser à la rentabilité de long terme, alors qu’outre-Atlantique c’est plutôt sur le court terme. Cela veut dire que c’est plus facile pour les start-up d’avoir des financements. Mais tout n’est pas parfait là-bas. Le « syndrome Instagram », c’est-à-dire l’obsession de se faire racheter par des gros groupes, n’existe pas vraiment en France.

Propos recueillis par Louise Dewast et Matthieu Deleneuville

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